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La technique du jeu guitaristique

La guitare est un instrument complexe, le guitariste jazz fait face a d’énormes défis. Le guitariste de façon générale, doit mettre du temps sur sa technique. Je veux parler de celui qui apour objectif d’être un professionel. La pratique quotidienne est de mise. Il ne s’agit pas de jouer, mais de pratiquer votre instrument. C’est le secret de tout développement. Ceci permet de mettre votre connecter votre cerveau a ce réflexe que doit avoir le musicien. Vous devez tout prévoir avant de jouer.

D’un accord à un autre, vous devriez connaître leur composition et ce, sans aucune hésitation. Le guitariste qui prend l’habitude de pratiquer trop vite, comme s’il était en concert, fait une grande erreur. Quand on arrive à jouer lentement, on sait que notre techniques est à point. C’est à ce moment qu’on peut entendre respirer les notes. On sait aussi, à un tempo lent, tout le monde porte une attention particulière à notre jeu. La valeur des notes noires et blanches ne se tient plus plus, parce que notre technique est mauvaise. Certains guitaristes pensent impreissioner son auditoire en jouant trop vite, mais en général les gens ne retiennent rien de ce qu’ils ont joué. Le jeu est aussi une communication que l’on fait avec les autres. Oui certaines fois, on doit s’exprimer plus vite, on le comprend, mais ce jeu ne se tient pas tout au long de la communication.

Je compare cette mentalité à un enfant qui débute à marcher. N’ayant pas acquis encore la technique de marche, l’enfant court pour impressioner ses parents, mais ceux-ci sont vite désenchantés à chaque fois que l’enfant tombe. Ils lui disent toujours de prendre son temps. Devenant plus grand, possédant désormais cette technique de marche, il ne court plus. Maintenant on peut observer sa démarche et sa cadence. Quand un adulte court, il crée autour de lui une panique. Tout cela pour vous dire, si vous jouez vite, sachez vous exprimez lentement. Assurez-vous d’avoir cette techque pour le faire. On est guitariste, non exhibitionniste d’un instrument.

J’espère apporter chez vous la conscience d’un bon développement guitaristique, passe nécessairement par la pratique d’un jeu lent.

L’oreille

L’oreille est d’une importance fondamentale dans l’écoute de la musique. Naturellement dans la vie, elle joue le premier rôle dans l’écoute. Bien entendu, si on n’entend pas, il est difficile de savoir parler. De ce fait, du point de vue musical, l’oreille constitutue notre premier instrument. Beaucoup pensent que c’est la voix qui est le premier instrument, je crois que c’est à tort d’y croire. Ce qui fait qu’on puisse reproduire le son, c’est d’abord l’écoute. Il est important de prendre soins de notre oreille.

L’un des facteurs qui abîment notre oreille, c’est l’écoute de la musique trop fort. C’est une habitude qu’il faut éviter. Je ne veux pas entrer dans la mécanique scientifique de l’oreille, car ce n’est pas le but de mon article. Ce qui est important de savoir, est que notre oreille a une capacité de hertz qu’elle peut absorber, le surplus est la distorsion qui la tue.

Si passez des heures en pratiquant votre instrument, il faut réduire le volume de votre ampli. L’oreille substile entend mieux.

En pratiquant de façon normale, on développe aussi l’oreille interne, c’est-à-dire, on entend une petite voix interne qui nous fait entendre des sons, sans laquelle on ne pourrait jamais reproduire cette empreinte personnelle qui est en chacun de nous.

Il est sage de chanter ce qu’on entend. Ainsi on cultive davantage notre oreille. Vous voyez, si on entend et que, on ne répète pas ce qu’on entend, on n’aide non plus notre oreille à se développer.

Comment l’oreille puisse être notre premier instrument? La réponse est que, c’est avec notre oreille que l’on joue, que l’on entend pour reproduire.

Tout peut affecter notre oreille. Nos émotions, la pollution, sont aussi des éléments qui ont une influence sur notre oreille.

Pour conserver une bonne oreille, il faut éviter d’écouter pendant des heures de la musique avec des casques ou écouteurs, surtout en utilisant des décibels élevés. On apprécie une musique, lorsqu’on peut distinguer, définir les différents éléments qui la composent.

Une bonne oreille est le premier facteur du développement d’un musicien.

La musique en tant que langage

Faire de la musique est un acte positif pour s’exprimer autrement. Les poètes et les écrivains écrivent pour dire ce qui leur vient à l’esprit. Par la musique, on le fait autrement. La question est de savoir, pourquoi veut -on utiliser une autre forme de langage, pour communiquer autrement, qu’il soit, en classique, pop ou en jazz. La réponse est aussi simple. Ce qu’on a en tête ne peut se dégager que par l’expression de nos sentiments intérieurs. Le langage verbal n’est souvent pas suffisant. Ce langage musical est universel. C’est là que la musique rassemble tout le monde, autour d’une expression universelle.

Ce langage permet à chacun d’utiliser le même alphabet, mais en ayant ses codes personnels, c’est-à-dire sa propre identité, ce n’est que le style qui est différent. C’est ce qui nous différencie l’un de l’autre. Elle est universelle et non discriminatoire. Il n’y a pas d’âge pour commencer à l’apprendre, ni à la partager. Tous les styles et instruments se partagent entre les deux sexes. Elle est universelle et inspirante. Elle apporte le bien-être et l’espoir chez soi. L’écoute de la musique est extraordinaire, jouer d’un instrument de musique, est le comble.

La plus grosse erreur qu’on puisse faire, est de vouloir jouer comme un autre donc, de parler comme l’autre, en oubliant qu’il est le seul qui puisse avoir sa propre identité, ses propres émotions, sa seule façon de s’exprimer, comme lui seul saurait le faire. La volonté de vouloir jouer comme un autre, revient à vous s’oublier, à rejeter notre identité propre.

On comprend bien, pour créer sa propre identité en musique, c’est-à-dire pour la découvrir, cela prend du temps. Mais il faut laisser ce temps, au temps. L’élément principal qui fait qu’on atteigne un niveau de jeu, ce n’est que le temps et, de ce qu’il a fait de ce temps. Il faut aussi savoir, que le temps est relatif pour chacun de nous dans l’apprentissage. Ce qui représente un jour pour une personne dans son apprentissage, cela peut-être pour vous trois jours. Ce choix que la nature a fait de nous est complètement hors de notre contrôle. On peut avoir un meilleur potentiel qu’un autre dans un instrument de musique mais la somme du travail est le même en termes de cette potentialité que chacun possède. C’est à vous de mettre ce temps, que vous ayez ce potentiel ou non, c’est le travail personnel qui compte. Le potentiel n’est pas garant de réussite sans le travail ardu.

En étudiant les autres, vous apprenez du fait et ce, sans le savoir à découvrir votre propre langage. Votre professeur est bien sûr meilleur que vous, mais il reste que sa façon de jouer est la sienne. Vous trouverez tôt ou tard votre façon de vous exprimer si vous la construisez. Cela prend du temps pour l’inventer. Votre signature est en vous mais, il faut la trouver. En écoutant les autres et en faisant constamment des analyses, vous êtes en train de vous armer d’éléments essentiels pour peaufiner votre style.

Cessez de vous comparer avec les autres, ceci est inutile dans l’apprentissage. C’est la discipline qui compte. Il n’y a rien de mal de puiser chez les autres pour avancer, c’est ce que nous faisons tous les jours dans notre démarche vers l’excellence. Ce qu’il ne faut pas faire c’est le plagiat. Puiser dans le courage de quelqu’un est très positif. Miles, nous inspire de sa force mentale pour s’exprimer. Vous trouverez toujours quelqu’un qui peut mieux faire que vous mais, il n’est vous qui puissiez-vous dépasser. Le désir du dépassement de soi, doit s’inscrire en vous vous. Tous ne sont capables de faire le même sacrifice pour atteindre l’excellence, on se fait une raison de ce point de vue. Ce qui est important, est le respect qu’on apporte à soi dans l’apprentissage.

On ne considère pas les meilleurs musiciens, comme étant ceux qui possèdent les meilleures techniques pour jouer, bien qu’il soit une facette importante du jeu mais, ceux qui rendent mieux leur exécution, leur état d’âme. La technique sans émotion, est mécanique, robotique.

Pratiquez envers vous la tolérance et la patience. Répétez vos phrases en autant de fois qu’il est nécessaire, tout en vous écoutant. S’écouter, c’est aussi chanter vos phrases. La répétition de vos phrases, vous exige de reconnaître la façon que vous les diriez autrement. Quand vous jouez une musique ou une phrase de quelqu’un d’autre, il faut savoir vous démarquer de son langage, en apportant votre empreinte personnelle. Sinon, vous resteriez toujours dans ses souliers. C’est le but de l’interprétation de se démarquer mais en respectant l’idée originale de la pièce. Un musicien ne se construit pas dans le hasard, il le fait de manière intentionnelle, en étant conscient de sa démarche.

La musique est complexe, c’est à vous de la simplifier. Vous avez beaucoup d’information à votre portée, rien ne vous oblige à tout utiliser. C’est à vous de faire un choix judicieux, afin de rendre l’information accessible aux autres. Ce qui amène les grands musiciens au sommet, c’est de par leur langage simple et limpide. Votre technique sur quoi vous mettez des heures à maitriser, ne doit vous servir qu’à rendre votre exécution plus simple que possible et non à servir dans une exhibition de notes rapides, sans savoir quoi dire. Ne vous perdez jamais dans l’excitation du jeu, la conscience du moment, est ce qui nous impose l’expression réelle. Les grands s’oublient, les inexpérimentés s’affichent comme des grands. Il ne faut pas tomber dans cet écart. Les compliments doivent vous servir de défit et non, le contraire. Si vous vous plaisez dans le confort des compliments, votre travail s’arrête là.

Sur scène, la musique est un art, elle s’exécute pour faire plaisir à un auditoire, c’est le bon moment, elle doit être accessible à tout le monde. Les applaudissements sont de cause. En pratique dans votre studio, elle est science. Sachez faire cette différence. Le studio c’est votre laboratoire, c’est la recherche des idées, c’est complexe. C’est dans cet espace que vous construisez l’art. C’est l’endroit où vous déposez votre conscience pour avancer. Soyez conscient.

 Notre lieu de travail connait nos forces et nos faiblesses. N’ayez pas de gêne pour travailler sur vos faiblesses. C’est le seul endroit que vous êtes votre propre témoin de votre avancement, ou de votre stagnation. C’est un lieu de recherche et de développement. Soyez exigeant envers vous, il y a d’autres qui le soient à leur égard. Personne ne réinvente la terre, vous devez apprendre des plus grands que vous, pour y amener le meilleur de votre langage pour les autres.

N’oubliez pas ce dicton, « Vingt fois sur le métier, remettez votre ouvrage ». Tout bon musicien possède en soi une mesure de pouvoir juger leur propre travail. Si ne l’avez pas, vous n’êtes pas encore conscient de ce que vous faites.

Chacun a ses propres ingrédients pour cuisiner sa musique, vous devez savoir quand il y a trop de sel. C’est une image mais, combien importante. Ne pigez pas dans tous les ingrédients d’un autre pour faire votre musique mais, il est important de déceler les meilleurs ingrédients qui font le succès d’un autre. Souvent, le résultat est la simplicité, la balance, l’exactitude d’éléments utilisés dans la recette. Je ne suis pas le premier à parler de la symétrie des phrases dans votre construction. Chez, Miles, Back, Wes, Coltrane, Monk, Mozart, etc… tout se construit sur cette idée de balance des phrases, la symétrie. Celle-ci permet à l’auditoire d’absorber mieux une phrase musicale, et la retenir facilement.

Il y a aussi l’aspect du « Call and Response ». Toute la structure du blues est basée sur ce modèle. On l’utilise dans tous les styles et formes de musique. Soyez à l’affût de nouvelles idées. N’essayez pas de faire de votre succès un autre succès, c’est de l’auto-plagiat et la paresse intellectuelle.  Dans la musique l’espace entre le plancher et celui du plafond est mince.

La musique a aussi une force mystique qui l’accompagne. Cette force est en chacun de nous. Il faut la puiser dans le tréfond de vous-même. Une fois que vous la découvrez, elle a tendance à revenir sous la même forme. D’où, l’importance de savoir rejeter une bonne partie des idées qui nous arrivent trop facilement. Soyez pertinent, rigoureux, dans le choix des mots. Faites-vous l’image de ce que vous décrivez pour amener à la surface les idées appropriées.

Le jazz, en particulier utilise cette force mystique constamment lors de l’improvisation. C’est spontané.

Nous écoutons beaucoup de musique, ce qui suppose, que nous enregistrons dans notre mémoire tout ce que nous entendons. Il est facile d’utiliser, sans se rendre compte une part de ce qui est dans notre mémoire mais, qui n’est pas de nous. Il faut savoir vider son panier pour éviter d’être dans l’écriture d’un autre. Une phrase qui ne vous ressemble pas, n’est simplement pas de vous, c’est le truc. Si vous jouez du Wes ou du Mozart, vous le savez. La meilleure façon d’être vous-même, est d’y rester.

Si vous étudiez le style de quelqu’un, ce n’est que pour construire le vôtre et non, pour l’imiter. On ne peut apprendre un style de musique, si on ne l’écoute et ne la joue pas. Mozart a écouté et joué quelqu’un d’autre mais, il est resté Mozart. C’est ce que Monk et les autres ont fait. Personne ne se casse le nez, en ayant son propre langage, on a que faire, parce que c’est le vôtre. Personne non plus, ne peut vous exigez la manière de parler mais, on peut vous aider à vous construire. N’ayez pas de gêne à demander de l’aide quand il la faut. Partagez vos idées avec d’autres musiciens pour des analyses et des critiques. C’est seulement de cette façon que l’on avance.

Chaque groupe de musiciens dans un style donné forment leur religion, en termes de façon d’intégrer la musique dans leur pensée. Les musiciens jazz, pop, classique, latin ou autre, ont tous un monde différent de voir leur musique. Le langage et l’approche des harmonies sont différents réciproquement. Mais il reste que le désir de compétence est le même dans tous les groupes.

 Je ne cesserai de vous dire de rester vous-même. On le voit plus clairement en chant, chacun a une voix, un timbre personnel. Cet effet se retrouve chez tous les instrumentistes, chacun a sa couleur. Il y a des musiciens qui n’aiment pas s’écouter, parce qu’ils ont l’impression que d’autres couleurs sont bien meilleures à écouter. Pourtant ces autres les envient tellement de leur couleur. Ainsi fait la vie. Appréciez ce que vous avez en vous, c’est ce qui vous appartient.

En fin, au-delà de tout cela, il y a les grands interprètes, qui ne font que jouer les autres et, qui ont aussi la capacité d’amener leur sensibilité personnelle. Ils se sacrifient pour comprendre et nous rendre le plus exacte possible ce que Back ou Beethoven, par exemple voulait exprimer. Ceci constitue toute une charge de travail, sans lequel on ignorerait ces grands compositeurs.

Il faut garder en mémoire, que ces grands compositeurs et musiciens ont aussi trimé pour nous laisser ces œuvres extraordinaires, qui nous font avancer aujourd’hui. Ils savaient fort bien qu’ils travaillaient pour la postérité. Ils nous ont légué leur âme en quelque sorte. Tous les grands interprètent ne sont pas nécessairement de grands compositeurs. Mais, ils ont la capacité de se mettre dans l’esprit d’un autre pour lui faire revivre de tous les temps. Pour être un bon interprète ou un bon musicien, vous devez avoir une qualité dans votre jeu. Cette qualité n’est plus d’ordre physique, même avec la plus grande technique. Elle vient de l’âme, de vos émotions et de votre sensibilité.

Nous devons constamment avoir une pensée pour ceux qui nous ont précédé et, qui nous ont transmis la marche à suivre pour devenir ce que nous sommes pour la génération future.

Comprendre la guitare

Bien comprendre la guitare

J’ai parlé à beaucoup de jeunes guitaristes qui ne comprennent pas bien le fonctionnement de la guitare. Ils n’arrivent pas à se souvenir de toutes les notes ou à se situer sur le manche de la guitare. J’ai donc décidé, d’écrire sur le concept de l’instrument, pour vous aider à mieux l’apprivoiser par une meilleure compréhension de l’instrument.

Pour bien comprendre le manche, il faut le voir par demi-ton. Chaque corde en elle-même représente une guitare en quelque sorte.

Exemple, prenez la première corde Mi.

Si vous regardez la gamme chromatique, vous pouvez jouer toutes les gammes sur seule corde.

Gamme chromatique de Do :

C    C#    D   D#    E    F    F#   G   G#    A    A#    B   C (Gamme par demi-ton)

Si on part sur la note Mi :  E    F    F#     G      G#

Le manche                         :  0   1    2        3      4  (Cases)

Vous avez compris que le zéro est la corde à vide, le 1, c’est la première case, etc.

Il faut voir le manche de la guitare comme la gamme chromatique. Vous avez appris la gamme à jouer au début la gamme majeure de Do, sans voir le manche en demi-ton. Lorsqu’il vient le temps d’appliquer les notes altérées, la confusion s’installe.

Commencez à comprendre le manche avec les 3 premières cases, ainsi de suite. Débutez avec le concept d’un doigt par case. L’indexe (case 1) le majeur (case 2) l’annulaire (case 3) l’auriculaire (case 4). L’indexe est le doigt 1, le majeur 2, l’annulaire 3, l’auriculaire 4.

Faites la gamme de Do majeur en partant de la corde 6 à vide, qui est la note Mi, jusqu’au sol sur la corde 1, troisième case. Chaque doigt respecte sa case.

Donc, il faut faire cet exercice sur toutes les cordes et chanter les notes en les jouant pour familiariser l’oreille avec le son. De ce fait, vous verrez que le C# se trouve à plusieurs endroits sur le manche.

L’oreille

 L’oreille ne fait que répéter ce qu’elle entend, en prenant l’habitude chanter ce que vous jouez, la développe dans le même sens. La seule chose en chantant les notes, vous devez vous écouter pour savoir si vous chantez la bonne note. Elle applique dans votre mémoire, ce qu’elle entend.

Application des deux mains

Les jeunes musiciens doivent appliquer toujours les deux mains lors des exercices. Il est important que les deux mains se coordonnent en même temps. Il y a des méthodes qui suggèrent que la main droite, c’est une erreur pour un jeune musicien de pratiquer sous cette forme, parce qu’il faut que la main gauche puisse rattraper la main droite. Donc, vous ne faites que courir à une mauvaise façon de développer l’instrument.

Je parle que pour les jeunes musiciens, les avancés le savent déjà, s’ils pratiquent ainsi, on conviendrait que c’est leur responsabilité.

Je vous suggère de pratiquer la gamme de Do majeur sur chaque corde séparément. Après vous pourriez essayer d’autres gammes. Ceci permet dès le départ un développement de l’avant-bras sur le manche.

Pour les accords, il ne faut pas tout de suite les voir avec les notes doublées. Vous devez réduire l’accord à sa plus simple forme 1   3   5, majeur    1    b3   5, mineur.

Ainsi, vous pouvez jouer tous les accords dits majeur et mineur que sur les 3 premières cordes pour commencer.

Le son

Dès le départ, considérez votre son faisant partie de votre jeu, c’est votre identité propre. Prenez du temps sur votre son. Pour cela, il faut pratiquer lentement pour que vous ayez un son soit stable et propre. Ne cherchez pas à courir avant de savoir marcher.

Métronome

Je ne répèterai pas assez qu’il faut pratique avec un métronome, et garder un cahier de pratique dans lequel vous inscrivez tous les jours vos difficultés et avancés. Ceci est votre répertoire de travail. Identifiez surtout vos difficultés, pour pouvoir y remédier. C’est votre responsabilité et non celle, du professeur.

Intervalles.

Pour terminer, il faut voir dès le départ le manche en intervalles. Vous devez identifier le rapport d’une note à une autre dans son intervalle.

Exemple : Do – Sol   C’est un intervalle de quinte juste. C’est important de bien voir l’intervalle comme juste, car il pourrait être augmenté ou diminué. Quand on parle de tierce, il faut donner sa qualité majeure ou mineure.

J’espère que cet article pourra vous aider à mieux comprendre le concept de la guitare, et vous guider dans votre développement.

Bonne chance.

Le Jazz

Auteur: Carl Henri Volny

LE JAZZ, CULTURE, PASSION.

Le jazz représente une expression, un sentiment par lequel le musicien s’extériorise. Dans le jazz on découvre une manière propre et personnelle à nous de faire la rencontre de nos émotions cachées et inconnues.  Le jazz nous permet de nous découvrir sous des angles que jamais nous ne saurions et même ne pressentirions de toute notre existence. En faisant du jazz, nous aurions aperçu notre curiosité pour un tas de choses.  Le moindre élément de la vie devient un champ d’intérêt qui nous inspire.  Nous sommes des satellites possédant des antennes qui captent ce qui se passent autour de nous.  L’improvisateur crée sa bulle pour aller vers un monde extérieur et dégage tout ce qui est de meilleur chez lui pour communiquer avec son auditoire.  Seul lui peut ressentir de son auditoire, dans ce privilège moment cette communication qui s’installe aux regards des dieux de l’invisible.  Son corps est bien présent mais, son âme voyage à travers le corps de chacun, pour enfin toucher à l’extase de leur émotion.  Ce moment est fidèle à chacun de nous et même personnel.  On n’a pas tous le même « feeling» de ce moment.  Certains voyagent complètement dans leur pensée, d’autres se sentent en dehors de leur corps et certains ont même l’impression de changer de planète.  Au moment où l’improvisateur finit sa communication, à la seconde près, les applaudissements pleuvent.  Le retour de ce grand voyage aboutit dans un sentiment de repos, dans un lieu où le mot guerre, misère, politique, richesse, pouvoir, domination… n’existe point.  Dans cet instant, on peut voir l’amour dans les yeux et dans le cœur des gens.  Les gens se côtoient sans aucune distinction eut égard à la couleur, le sexe et la race. Le monde devient jazz. Il n’y a qu’un seul langage et tous peuvent le comprendre : Le jazz

L’élément magique reste toujours inconnu dans une improvisation.  D’un soir à l’autre, jamais on ne ressentira la même chose. Pourquoi est-il différent? Personne n’a et n’aura jamais la réponse exacte.  L’improvisateur lui-même ne peut prévoir de quelle manière il abordera son public et inversement, le public ne peut jamais savoir à quoi y attendre.  C’est un monde parfaitement inconnu dans lequel tout le monde nage.  La question qu’il faut se poser : Peut-on ou doit-on juger une improvisation?  Puisque l’on sait déjà que celle-ci va être pertinemment différente d’un moment à un autre et qu’elle découle de l’humeur de l’improvisateur, de ce qu’il a vécu même durant le jour ou justement avant qu’il ne débute son improvisation.  Tout peut lui déranger ou changer sa conception.  On peut toutefois être déçu de nos attentes et non de l’improvisateur.  Une note par mesure peut être pour lui d’une importance capitale, alors que vous vous attendiez à 16 notes par mesure.  Il ralentit vos attentes et vous met en position latente.  Ce que vous avez vécu durant la journée ne vous permet surement pas d’être au même diapason.  Il arrive que l’on ne fasse pas partie du voyage tout en restant inerte à ce sentiment.  En regardant un voisin en état euphorique, on peut se demander si on écoute la même chose.  Probablement non.  Ce qui touche cette personne davantage que vous, c’est l’interprétation qu’elle a faite de ce moment de cette communication.  L’improvisateur raconte une histoire qui est libre à chacun d’interpréter, comprendre et recevoir à sa manière.  Cette sensibilité vient chercher quelqu’un d’une manière différente parce que sa réceptivité est différente du vôtre. Beaucoup de choses peuvent affecter notre réceptivité, de telle sorte que, dans une même journée on peut avoir différentes sortes sottes d’humeur, par ce qu’on mange, boit ou respire.  Certains jours, on n’est plus réceptif, alors que d’autres jours on est à fleur de peau, tout peut nous affecter. Un simple bonjour devient une insulte, alors qu’un autre jour, l’insulte même est une affaire banale.  Et ce même jour, on peut s’apercevoir entrain de pleurer en écoutant une musique ou une improvisation.  La musique nous rappelle souvent les faits vécus.  Ce qui semble important pour l’improvisateur, ce n’est pas de connaître notre état d’âme mais, d’aller à sa rencontre pour lui proposer un voyage à travers un espace infiniment petit et inconnu. Une autre question se pose : L’improvisateur peut-il être conscient de là il nous amène?  Il n’a aucun contrôle si on résiste à ce voyage. Tout se passe dans sa tête, son thème est établi et il procède par des variations mélodiques pour entrer dans un espace qui l’amène lui aussi vers l’inconnu. À ce moment le son prend son ampleur, il devient l’élément déclencheur de nos sentiments.  Une chose est certaine, on est tous dans le même navire mais pas au même niveau.  On peut comprendre qu’à ce niveau, on parle des émotions. Chacun porte en lui sa petite vague de bonheur.   Notre compréhension du jazz joue d’une énorme importance sur notre capacité de comprendre le jazz.  On n’aime un musicien parce qu’on a le sentiment qu’il nous fait voyager d’un océan à l’autre et qu’il dérange constamment notre prévisibilité.

Vous comprendrez davantage que le mot jazz est large. Parce que le jazz en lui-même est une culture. Le jazz n’est plus simplement une forme de musique, mais aussi une manière de pensée, de vivre où d’exister. On comprend le jazz, quand on peut ressentir ce Blue note en nous. Cette forme d’ouverture qui se développe en nous. Cette manière de faire tomber les préjugés.

Revenons à l’improvisation. L’improvisateur ne cherchera pas à établir un modèle d’improvisation, mais bien un concept qui rejoint son auditoire.  C’est ainsi qu’il fait montre de son empreinte personnelle. La différence entre le modèle et le concept, c’est qu’il oublie le livre, la théorie.  Il devient unique en son genre. C’est là tout son intérêt de nous embarquer dans son jeu, son concept.  Ce que nous recherchons chez l’improvisateur en tant qu’auditoire, est bien sa spontanéité.  Il a aussi son propre langage qui le définit qu’il faut apprendre ou apprivoiser pour le comprendre.  Il apprend à travailler autour d’un thème en amenant des variations secondaires pour élargir l’idée principale.  Il prend toujours des risques, même lorsque cela n’apparait pas. En quelque sorte, l’improvisateur disserte sur un thème avec un début, un milieu et une conclusion.  C’est-à-dire le thème, le développement et la fin.  Toute la difficulté se trouve dans l’établissement du thème principal et ensuite dans la façon de raconter l’histoire.  Si l’improvisateur fait une mauvaise analyse de son thème, il risque de nous amener complètement ailleurs.  Il doit être patient dans son jeu, une trop grande précipitation pour entrer dans son développement peut tuer le thème principal.  Il dérangera le sentiment que son auditoire qui commençait à établir avec lui.  Ainsi il travaille sur la rythmique et la mélodie à la fois pour coordonner le tout.  Ce qui peut faire la différence d’une bonne improvisation dans sa stabilisation, est le côté technique et la maîtrise que peut faire l’improvisateur de son instrument.  Cette facette empêche considérablement l’instrumentiste de s’exprimer avec liberté mais aussi, de s’extérioriser de façon complète et absolue. Le manque de technique exprime un manque de vocabulaire pour s’exprimer avec aisance. Il manquera un peu d’éloquence dans son jeu. Un bon improvisateur ne doit pas se préoccuper de sa technique, celle-ci est naturelle et évidente. Le musicien ne peut construire un bon discours s’il faut chercher ses mots, ou s’il doit se chercher dans ses propres phrases. Beaucoup de musiciens souffrent de cette frustration.  Le manque de technique ne devrait pas nécessairement nuire à votre langage, si vous prenez le temps d’établir simplement vos phrases. Ne cherchez pas à être un virtuose, restez vous-même. La beauté est dans l’expression. Ce qui fait la différence entre les improvisateurs est leur empreinte personnelle, c’est-à-dire leur façon d’exposer leur sujet, c’est la couleur, le son mais aussi, la maîtrise qu’ils ont de leur instrument. Si on manque un peu de technique, il faut savoir compenser dans les expressions, et les couleurs. Si l’improvisateur repose seulement son jeu sur la technique, il peut être dépourvu de tout charme. La technique permet au musicien d’avoir une grande aisance de son instrument, qui est un fait important.  Le musicien se doit de composer sa technique avec des nuances. La couleur et le son viennent tout aussi de la technique. L’autre phase de l’improvisation est la maîtrise du musicien de l’harmonie, sa capacité extraordinaire de faire une bonne analyse de l’harmonie musicale. Celle-ci en elle-même, représente la clé, le point fort de toute improvisation.  Le musicien est en mesure de faire un développement rythmique diversifié pour enlever la monotonie de son jeu, il se doit d’ajuster sa technique avec sa compréhension du rythme et de l’harmonie. Celle-ci est le verbe tandis que la technique représente les mots qui définissent le verbe. La maîtrise du verbe est d’autant importante qu’il peut nous empêcher de parler, de bien communiquer ses idées. John Coltrane a dit « Si la musique n’arrive pas à s’exprimer elle-même, les notes n’ont aucune importance » Quand on a un verbe court, le jeu devient vite stagnant et ennuyeux.

L’improvisation est un long processus qui s’apprend, on ne s’impose pas sur cette règle, cette démarche demande du temps pour l’apprivoiser. C’est une forme de discours qui possède des règles dans son application. Il ne suffit pas de considérer une progression d’accords pour prétendre improviser, il est plutôt question de savoir exprimer une idée jusqu’au bout qui représente non seulement une image, mais qui rejoint l’auditoire, le cœur des gens. On comprend fort bien des grands improvisateurs comme Miles Davis, Wes Montgomery, John Coltrane, Dizzy Gillespie, Stan Getz, Louis Armstrong, Charlie Parker, Duke Ellington, j’en passe.  Les grands improvisateurs utilisent souvent l’improvisation sous forme de questions-réponses, évidemment ils établissent leur thème ou discours avec une grande logique, évitant d’employer trop de mots pour ne dire que peu. D’où l’importance d’établir et de suivre une bonne démarche. Certaines gens croient trop facilement que l’improvisateur est excellent parce qu’il peut jouer vite en effectuant plusieurs notes dans une mesure, c’est une erreur fondamentale que de croire à cela. Cela peut être même une façon de camoufler son jeu par un manque du verbe. Il en est de même pour des gens qui parlent beaucoup pour ne rien dire. L’improvisateur ne doit pas chercher à flatter son auditoire de façon dérisoire, il doit faire montre d’un grand respect à son égard.  Sa préparation doit être remarquable, sa crédibilité est en jeu.

L’APPORT DE L’OREILLE

La compréhension de l’oreille dans la démarche intellectuelle de l’improvisation est fondamentale. L’oreille joue un rôle prépondérant dans la vision et l’anticipation de ce qu’on doit faire. L’oreille anticipe les tensions des accords, les nuances, somme toute, elle participe activement à l’organisation du jeu de l’improvisateur. Vous comprenez, je veux parler de l’oreille interne qui donne cette capacité d’entendement intérieur, celle qui devance les doigts et qui prépare la route. Cela prend du temps pour développer cette oreille interne et avoir le temps de réagir à ce qu’elle nous propose. D’où, l’importance de travailler constamment notre oreille externe en chantant nos phrases. Une oreille externe pauvre, ne peut nullement nous aider à développer une bonne oreille interne. Tout ce qu’on ne peut chanter devient difficile à jouer. Le rapport triangulaire entre l’oreille, la technique et l’harmonie est essentiel dans l’improvisation.

Le jazz est une culture qui ne cesse de se développer avec le temps. Le fardeau que porte le musicien jazz, est qu’il doit constamment évoluer avec le temps. La stagnation devient son pire ennemi. Il ne peut emprunter ni la couleur, ni le langage d’un autre pour s’extérioriser. Il le fera seulement dans l’apprentissage du langage, certainement, mais après quoi, il se doit de trouver son propre ADN. Ce qui passionne dans l’improvisation, est que la source est unique. Elle n’appartient à celui qui s’y inspire. Il n’y a pas d’interférence, ni d’intermédiaire, il est le maître de sa parole. L’improvisateur s’inspire d’un fait, à partir duquel, il crée un tableau qu’il est seul à voir dans sa tête. Il ne fait que nous dire les couleurs qu’il voit et, comment est le paysage. Il rentre dans sa bulle pour nous décrire une histoire pour effectivement nous amener avec dans un formidable voyage.

JAZZ ET CONNAISSANCES

Le jazz est une forme de musique qui s’apprend comme bien d’autres formes de musique. Beaucoup des gens pensent quand il s’agit du jazz, on a qu’à improviser et ça y est.  Le jazz demande des connaissances parfaites pour maîtriser cet art. Je ne vous apprendrai pas que l’improvisation en elle-même est une démarche très complexe. J’entends par improvisation non seulement les connaissances de l’harmonie et du rythme mais cette quête de spiritualité musicale qui dépasse certainement le niveau normal de la compréhension, mais qui fait place à la virtuosité et du génie du musicien.